
Providence
par Nicolas Dehghani
Éditions Sarbacane
avis : 4/5
L’avis
Pour son deuxième opus, l’auteur complet Nicolas Dehghani réalise un roman graphique futuriste entrainant le lecteur dans un monde régi par l’Intelligence Artificielle et peut-être pas si loin de notre actualité. On appréciera un scénario terriblement efficace, dû notamment aux nombreuses ruptures tout du long du récit mais également aux ressentis des protagonistes. Quant au dessin, bien que numérique, ce dernier s’avère servir remarquablement le scénario.

Le pitch
En 2181, Providence est une planète terraformée gouvernée par la Concorde. Après avoir réduit les Terriens à la pauvreté et à la servitude, cette autorité tente désormais de regagner leur confiance. Sa stratégie : les inonder de questionnaires destinés à analyser leurs besoins.
Keren Kepler, jeune stagiaire terrien peu convaincu par cette méthode, accepte pourtant de retourner sur Terre pour y mener ces enquêtes, ensuite traitées par les algorithmes dont son employeur raffole.

Le scénario
Fort de ses 336 pages, le récit à l’accent orwellien s’avère fluide et se lit d’une traite tellement l’intrigue reste soutenue jusqu’à sa conclusion. D’un côté, le progrès matérialisé par la riche Providence colonisatrice se confronte, de l’autre, à une classe moyenne de Terriens qui tentent de survivre. Seulement, Nicolas Dehghani ne veut pas réduire ce récit aux méchants Providencins face aux gentils terriens et le développe.
Le dessin
Après Ceux qui brûlent, Nicolas Dehghani rend son dessin plus ligne claire tout en gardant le style propre qui reste sa signature. On ajoute une belle lisibilité avec des couleurs, des textures qui diffèrent selon qu’on soit sur Terre ou sur la Providence facilitant la lecture.
Ce que j’ai aimé
- Un passionnant récit de science-fiction qui pose beaucoup de questions sur notre devenir face à l’emprise de la technologie sur l’homme.
- Le dessin réaliste rehaussé de couleurs plutôt sombres servant parfaitement le récit.
Bernard Launois



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