
Le Dernier Rivage
par Jean Dufaux et Jean-Michel Arroyo
Éditions Anspach
avis : 4/5
L’avis
Plus de 15 ans après Jessica Blandy, Jean Dufaux revient au polar avec une histoire de truands, de famille et d’amour où chaque destin porte sa part d’ombre. Il tisse une intrigue complexe mêlant passé et présent, amours perdus et retrouvés, fils disparu et fils prodigue.
Le Dernier Rivage explore les thèmes qui lui sont chers : le poids du temps, les blessures familiales, la fidélité aux morts.
Le tout est magnifiquement porté par le travail de Jean‑Michel Arroyo, dont le lavis donne au récit une tonalité visuelle et une atmosphère de polar noir d’une grande intensité.
Le pitch
Julien Chevalier a laissé derrière lui sa vie d’homme de main. Installé au Cap Ferret, il tient désormais La Passante et partage une existence paisible avec Valéria.
Cette tranquillité vacille lorsque le fils d’Alfonse Sebastiani est abattu lors d’un cambriolage dans la maison familiale. L’affaire réveille de vieilles fidélités, de vieilles dettes, et ramène à Julien un autre fantôme : son propre fils, parti à dix‑sept ans.
Entre les souvenirs de Rosemarie, l’amour de sa vie, et les fractures du présent, les temporalités se mêlent. Les armes ressortent, les comptes se règlent, et des vérités enfouies refont surface, celles que le temps n’avait jamais vraiment effacées.

Le scénario

Jean Dufaux signe un récit dense, aux ramifications multiples, où passé et présent se répondent sans cesse. On y retrouve ses obsessions : le temps qui ronge, la famille qui se fissure, l’amour qui sauve ou détruit.
En 96 pages, il réveille Julien Chevalier, ancien homme de main retiré au Cap Ferret, pour le replonger dans une violence qu’il croyait derrière lui. Son fils réapparaît, les comptes se rouvrent, et les vérités enfouies remontent à la surface.
Le Dernier Rivage est un polar sombre, tendu, où l’amour, celui qu’on perd, celui qu’on trahit, celui qu’on tente de sauver, tient une place centrale.
Le dessin

Jean‑Michel Arroyo déploie une maîtrise remarquable du lavis, jouant sur les nuances de gris pour donner une véritable couleur à ce récit en noir et blanc. Son trait, nerveux et précis, évoque autant le polar français des années 1970 que les classiques du cinéma américain.
Les décors sont soignés, les visages expressifs, et chaque plan respire une tension sourde. Arroyo nous entraîne dans une atmosphère lourde, où l’on suit Julien Chevalier comme une silhouette qui avance dans la pénombre, entre ombres du passé et menaces du présent.
Ce que j’ai aimé
- l’ambiance lourde servie par des dessins superbes au lavis
- le mélange de passé et présent
- la galerie de personnages avec ses malfrats, ses jolies femmes, ses policiers dévoués ou corrompus.
Marc Carlot



Poster un Commentaire